Jacques Ancet

Le dénouement (1986-1988)

Notre conditionnement à ce que nous croyons être notre existence est-il tel que seul un bouleversement violent de toutes nos habitudes puisse réussir à le rompre ? Un deuil, par exemple. Le narrateur de Le Dénouement subit, avec la mort brutale de sa femme, la force d’effraction du réel en même temps qu’il trouve dans le langage (la rédaction de son journal) l’unique moyen de survivre. Un autre espace s’ouvre à lui, zone franche où le temps vacille, lieu d’une expérience indissolublement physique et métaphysique. Affronté à l’extrême (le silence, la solitude, le vide, la peur, le mal), pourra-t-il enfin se trouver dans la perte de tout ? Itinéraire initiatique de la découverte du sens dans sa destruction même, Le Dénouement nous conduit au bord de quelques chose dont son auteur ne peut parler puisque cela se passe en deçà ou au-delà des mots. Seul le lecteur pourra peut-être y parvenir, lui qui, participant à la création du livre, lui offre une chance d’exister par la vie même qu’il lui insuffle.