Jacques Ancet

 

Un homme assis et qui regarde, (1987-1997)

 


Quiconque se livre au travail de l'écriture en éprouve un jour ou l'autre la dérision. N'y a-t-il pas mieux à faire? Vivre, par exemple? Mais, et c'est là que réside le paradoxe, n'est-ce pas en écrivant qu'on s'éprouve le plus vivant ? Comme si la réalité n'avait d'existence véritable que dans et par l'acte de langage qui lui donne forme. Il n'y a donc pas, comme je l'ai cru longtemps, les livres d'un côté et la vie de l'autre. Ou, selon une polarisation qui paraît aller de soi, le monde des choses et le monde des mots. Et si, tel est le cas, qu’en est-il des rapports de l'écriture et du réel? A travers un certains nombre d'essais écrits, pour la plupart entre 1991 et 1997, Un homme assis et qui regarde, tente de répondre à cette interrogation insistante qui, depuis Don Quichotte, est celle de toute véritable entreprise littéraire.