Jacques Ancet

 

La mémoire des visages (1978-1980)
(Obéissance au vent II

 

Ce roman n'en est pas un. Tout juste un témoignage au jour le jour du mystère d'exister; une sorte d'albuim du temps qui passe où, peu à peu, sont venus se fixer des portraits d'hommes de femmes, sans autre lien qu'une solitude qui tisse entre eux des fils invisibles. Qui est l'autre? Pourrons-nous jamais parvenir à sentir sa chaleur, entendre par ses oreilles, voir par ses yeux? Et qu'est-ce, finalement, qu'aimer, loin des passions ou des perversions trop littéraires ou théâtrales, dans les hauts et les bas du quotidien? Roman d'amour alors? Peut-être. Poème, plutôt, poème romanesque. Dans la dernière partie du livre, "Le jour que tu es", une voix parle. Tantôt masculine, tantôt féminine, tantôt neutre, elle s'interroge, dit l'instant d'un contact fugace, l'angoisse d'une rencontre manquée, les gestes, les paroles éphémères, un visage, un souvenir, des ombres, des lumières: long monologue amoureux où elle finit par devenir al voix d'une bouche unique et sans visage...