Jacques Ancet

De l'obstinée possibilité de la lumière (1981)


Dans la nuit de Le silence des chiens alors en cours de composition (1981), ces poèmes sont nés comme autant de lueurs, de visions fragiles, témoignant que quelque chose est toujours possible. Malgré tout. Ecriture de la main droite, de la lumière, l'autre, la gauche, la sinistre, étant celle de la douleur et de la mort, rien ne s'y passe que ce qui passe : les jours, leurs gestes, leurs paroles, leurs silences. Cette énigme de l'heure qu’il est, du présent, qui porte peut-être un nom : la transparence.

 

 

il aurait fallu laisser parler la voix, l'écouter, légère, dans la transparence du jour. Sans doute alors aurions-nous compris ce que le temps nous cache aujourd'hui. D'autres voix parlent aussi mais brouillées, traversant l'heure sans l'habiter. Nous regardons le ciel, son bleu brumeux, ces fleurs un peu plus lointaines chaque jour, plus blanches pourtant, plus lumineuses. Nous nous taisons. Nous ne comprenons pas