Jacques Ancet

 

La tendresse (1983-1984)
(Obéissance au vent IV)

 

tu n'as pas de visage et sans doute est ce pourquoi mes mots s'en vont vers toi, cherchant à cerner l'ombre que tu es, un chien aboie, des voix parlent, le silence est toujours si fragile, cette solitude où pour la première fois tu viens au monde, où peut être tu mourras aussi, je ne te connais pas, tu n'es rien que l'obscur de ma phrase, cet appel soudain, au volant, conduisant sur une route en pente, le soleil à gauche éclairait les collines et j'ai su que de quelque façon tu devais exister…