Jacques Ancet

 

Alejandra Pizarnik (Argentine, 1939-1972)

A propos de la comtesse sanglante


Compte-rendu mimétique parce que fasciné du livre fascinant de Valentine Penrose La comtesse sanglante, ce texte n'aurait qu'un intérêt secondaire dans l'oeuvre d'Alejandra Pizarnik s'il n'était révélateur des hantises qui traversent sa poésie et, d'abord, de celle qui les fonde toutes et aura raison d'elle très tôt, en 1972, à l'âge de trente-trois ans: la hantise de la mort. Car tout n'est que mort dans l'univers sanglant de ce Gilles de Rais féminin que fut la comtesse Erzsébet Bathory. Une mort obsessionnellement recherchée, constamment renouvelée sur plus de six-cents victimes, en des scènes d'une monotone et ùminutieuse horreur.