Jacques Ancet


José Ángel Valente (Espagne, 1929-2000)

La Fin de l'âge d'argent (1973)

 

Composé de textes se partageant entre le conte bref et le poème en prose, La fin de l'âge d'argent, est un livre clé dans l'œuvre de Valente. C'est d'abord le livre de la résistance : aux pouvoirs de tous bords, à leur agression institutionnalisée ; à ce " Age d'argent " dont Hésiode nous dit qu'il fut celui de la démesure et de la violence. Les lieux, les temps, les cultures se confondent, les têtes de l'hydre repoussant toujours et de partout : Inquisition ou maccartysme, stalinisme ou fascisme, dont ce franquisme triomphant qui marque profondément l'enfance et l'adolescence de l'auteur. c'est ensuite, pour Valente, le livre de la " fin " d'une époque et l'ouverture à une pensée poétique qui fait de l'accès au non-visible, au non-dicible, le fondement d'une expérience radicale de l'écriture.
A travers les sagesses orientales, la Cabale, les textes des grands spirituels européens et, d'abord, espagnols, bien sûr, Valente rejoint une tradition où confluent poésie et mystique. La violence de ces pages où sarcasme, dérision, fantasme, cauchemar, sont les outils de la transgression, font de La fin de l'âge d'argent le terreau de toute l'oeuvre récente : de la destruction comme fondation.